Les caprices de Julie
Marie soupira de retrouver la maison. Elle avait refusé de les laisser l’une à côté de l’autre au restaurant. Sinon, ces deux gourdes auraient passé la soirée à s’ignorer. Résultat, les regards langoureux avaient émaillé le repas.
Maintenant, restait à débloquer la situation. La tension devenait ingérable. Et le refus d’aller de l’avant risquait de les faire reculer.
- Julie, si on allait dans ta chambre prendre une tisane, ça nous ferait digérer. Allez-y, je prépare tout et j’arrive.
La brune et la blonde obéirent en silence.
Natacha ne prit pas le temps de s’interroger. Une main ferme la colla devant la jeune fille. Les tasses encore pleines oubliées dans un coin avaient joué leur rôle de prétexte.
- Allez, embrassez-vous.
La chaleur, l’étrangeté de cette situation, rien ne pouvait plus les sauver. Marie assura les prises derrière les nuques, les poussa lentement l’une vers l’autre, irrémédiablement. Les bouches s’effleurèrent, se pressèrent, s’ouvrirent enfin.
L’entremetteuse observa à la déformation des joues les langues se lier et se délier, échanger les salives. Plus rien ne la retenait maintenant. Elle s’adossa au mur, choisit de guider leurs premiers pas.
- C’est bien mes chéries. Sentez monter le désir. Laissez vous porter.
Le baiser n’en finissait plus. Les gémissements étouffés montaient dans la chambre, l’odeur de stupre se mêlait à celle de la camomille.
- Déshabillez-vous doucement.
Julie n’hésita plus, les boutons dans le dos de la robe ne résistèrent pas. L’attache du soutien-gorge subit le même sort. Natacha dénoua les bretelles sur les épaules rondes. Les bouts d’étoffe tombèrent au sol dans un froissement.
Les nudités se révélèrent sous la clarté de la lune par la fenêtre ouverte. Une petite brise apporta le souffle bienfaisant de fraîcheur.
- Commencez à vous caresser.
En élève consciencieuse, Julie souleva un sein en forme de poire, agaça le téton entre le pouce et l’index. Les lèvres se dessoudèrent, mais les langues continuèrent leur ballet. Râles et hoquets remplacèrent les plaintes subtiles.
- Oui… vous êtes belles.
Exacerbée par la voix chaude, Natacha laissa s’envoler toute retenue. La peau douce devint brûlante sous ses doigts. Une main se faufila, entreprit un sein ferme. L’autre trouva sa place naturellement sur la croupe, l’enroba d’une caresse et se nicha à la naissance du sillon intime.
Les amantes roulèrent sur le lit, se retrouvèrent aussitôt tête-bêche. Julie plongea dans l’intimité trempée, s’enivra de l’odeur à la fois connue et nouvelle. La coquille s’ouvrit sous la langue, livra les nymphes délicates à son attention.
Natacha écarta les grandes lèvres, observa la chair rose brillante de mouille, découvrit son corps à travers l’autre. Un bout de langue timide lissa les poils blonds autour du sillon. Marie retint un sourire, colla sa bouche à son oreille.
- Embrasse la d’abord. Puis lèche bien partout. Ecarte les grandes lèvres doucement, vas-y.
Deux doigts dévoilèrent le trésor, offrirent la vulve à un appétit grandissant, à une soif nouvelle et inextinguible.
- Voilà, c’est bien. Tu apprends vite.
La jeune femme se libéra. Dessoûlée du champagne et enivrée des effluves, euphorique, elle se laissa guider par son instinct. La langue s’infiltra dans la grotte, y dénicha tous ses secrets, reproduit avec application les caresses délivrées par une Julie déchaînée.
- Fais le tour, oui. Rentre ta langue, lèche. Elle mouille, bois son jus. C’est bon.
Les sens chamboulés, Natacha jeta son bassin en avant, se colla à la bouche vorace, accepta l’inévitable du plaisir, et rechercha le partage. Elle fouilla la jeune chatte avec avidité en retour.
Les encouragements, la délicieuse torture de ses chairs malmenées, les doigts sur son clitoris électrique, la situation, tout l’amena à rendre les armes. Un spasme suivi d’un frisson, et la jouissance déferla telle une vague infernale.
Julie se régala du suc, accepta l’abandon de sa victime en compliment suprême, y répondit par un orgasme fulgurant. Les bouches s’abreuvèrent à la source sous le regard sidéré de l’intrigante, charmée.
Marie les regarda dormir, tendrement enlacées. Dans le sommeil, les visages détendus souriaient. La jeune fille retint un soupir afin de respecter le silence, et se leva. Cette nuit, sa place n’était plus dans la chambre de Julie.
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Ce texte est tiré du livre « Les caprices de Julie »
Auteur : Patrick Bourreau, www.ailetlaplume.net . Merci à lui.